Il y a quelque chose d’étrange qui se produit lorsque nous sommes obsédés par le bonheur, et j’en sais quelque chose : nous ne voyons plus rien de ce qui pourrait nous rendre heureux dans l’instant !
Nous regardons l’horizon en oubliant le thé qui refroidit devant nous, la lumière qui entre par la fenêtre, la personne assise en face.
Le bonheur était pourtant là, mais nous étions ailleurs.
Ce que je veux partager avec vous aujourd’hui, c’est peut-être la chose la plus contre-intuitive que j’aie rencontrée sur ce chemin : le bonheur ne se cherche pas. Il se reçoit.
Bonne lecture.
Maxime Gréau
- Merci Lilou MACÉ pour cette interview
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1). Le bonheur qu’on nous vend n’existe pas
Ilios commence par nommer quelque chose que nous sentons tous confusément, sans toujours oser le formuler.
Nous confondons souvent le plaisir avec le bonheur. Un voyage, un produit, une méthode, une version améliorée de nous-mêmes que nous deviendrons enfin après avoir accompli ceci ou obtenu cela. Et Ilios pose une question simple, presque brutale dans sa limpidité : si le bonheur était vraiment quelque chose que l’on pouvait acheter ou atteindre, nous le serions tous depuis longtemps !
Ce qu’il propose à la place est beaucoup plus sobre, et beaucoup plus juste. Le bonheur, dit-il, n’est pas quelque part. C’est une manière de marcher dans l’existence, non pas un état à conquérir, mais une attitude, une relation à la vie, qui se cultive de l’intérieur.
Chez Heureux dans sa vie, cela s’appelle des ESSENCES, je vous en parle souvent, elles sont un socle au bonheur.
Ce qui me frappe dans cette distinction, c’est qu’elle nous rend notre pouvoir immédiatement. Si le bonheur est une manière de marcher, alors nous pouvons commencer à marcher différemment maintenant, avec ce que nous avons, là où nous sommes.
Le bonheur-idéal est inaccessible par définition, les bouddhistes appellent cela l’impermanence : dès que nous croyons l’atteindre, nous voulons déjà autre chose. Le bonheur-manière-de-marcher, lui, est toujours disponible.
2). Pourquoi chercher le bonheur est le piège le mieux caché
Ilios va plus loin, et c’est là que sa pensée devient vraiment tranchante.
Il y a, dit-il, énormément d’études qui le montrent, mais chacun peut le vérifier dans sa propre vie sans avoir besoin d’aucune étude : lorsque nous sommes obsédés par le bonheur, nous finissons par ne plus percevoir toutes les petites choses qui nous rendraient heureux maintenant, parce que nous avons décidé que le bonheur était là-bas, plus tard, ailleurs ! Alors notre regard se fixe sur cet horizon qui recule, et nous devenons aveugles à ce qui est déjà là.
Le bonheur comme exigence, comme obsession, comme course, produit précisément l’inverse de ce qu’il promet, et c’est une incapacité à vivre le moment présent.
Chercher le bonheur n’est donc pas la solution pour le trouver ! En revanche, changer de point de vue et constater qu’il est déjà là reste la bonne attitude.
3). L’accueil du tragique : ce que la vraie lucidité change
Être heureux ne signifie pas nier que la vie est difficile. Ce n’est pas sourire quand tout s’effondre, ni positiver par-dessus la douleur. Ilios utilise une image très simple : nier qu’il pleut ne nous protège pas de la pluie, cela nous fait juste sortir sans parapluie, rentrer mouillés, et tomber malades.
La vraie lucidité, dit-il, c’est de reconnaître que la pluie est là, et de pouvoir le faire en souriant, car nous connaissons cette citation, nous savons que le parapluie existe et que nous sommes capables de nous en saisir !
C’est ce qu’il appelle, en reprenant André Comte-Sponville, un bonheur « désespéré » : non pas l’absence de tragique, mais la capacité à regarder le tragique droit dans les yeux et à continuer à vivre pleinement.
Pour cela bien sûr, il nous faut une certaine hauteur et une certaine capacité à gérer nos émotions dans l’instant, mais vous trouverez plein de ressources sur ce sujet sur ce blog 😉
Ilios évoque une amie en phase terminale d’un cancer, une femme d’une lucidité extraordinaire, qui savait ce qui l’attendait, et qui pouvait en même temps regarder par la fenêtre de l’hôpital et dire : « Regarde le cerisier en fleurs. » Non pas à la place de sa tristesse, mais en même temps qu’elle.
Cette image-là dit quelque chose d’essentiel : la douleur rétrécit notre perspective, c’est vrai, mais la lucidité l’élargit, au point que la beauté du monde peut à nouveau y entrer, même dans les moments les plus sombres.
Ce n’est pas la souffrance qui nous emprisonne. C’est le refus de la regarder en face qui nous prive de tout le reste. Autrement dit, fuir son épouvantail intérieur ne le fait pas disparaître ! Accueillir ses émotions restera un acte essentiel et incontournable pour accéder au bonheur.
4). Ce que la méditation fait vraiment : apaiser, pas calmer
Ilios pose ici une distinction qui change tout, et que je répète souvent à mes propres élèves tant elle est fondamentale.
La méditation, dit-il, ne consiste pas à calmer ses pensées, ni ses émotions, ni son mental. Elle consiste à apaiser la relation que nous avons avec tout cela. Ce n’est pas la même chose.
Nos pensées continuent de surgir. L’agitation intérieure ne disparaît pas. Mais quelque chose se transforme profondément : nous cessons d’être entièrement absorbés par elle. Nous découvrons, ou plutôt nous redécouvrons, quelque chose en nous qui regarde tout cela sans en être emporté. C’est l’OBSERVATEUR dont je vous parle souvent, et cette dimension calme, dit Ilios avec beaucoup de précision, elle était déjà là, nous ne l’avons pas créée, personne ne peut nous l’enlever, il s’agit simplement de s’y reconnecter.
Ce qui me plaît dans cette formulation, c’est qu’elle retire toute la pression que nous mettons sur la pratique, car l’idée n’est plus de fabriquer un état intérieur, mais d’apprendre à revenir à quelque chose qui nous appartient déjà.
Cela demande de l’entraînement, oui, comme n’importe quelle compétence, mais avec le temps et la régularité, vous remarquerez que les moments d’agitation ne durent plus de la même manière, non pas parce que vous les aurez supprimés, mais parce que vous aurez appris à ne plus vous y confondre entièrement.
5). Les mains ouvertes : recevoir ce qu’on ne peut pas forcer
C’est peut-être là qu’Ilios dit la chose la plus belle, et la plus difficile à entendre pour nos mentalités occidentales habituées à l’effort et à la conquête.
Le bonheur, dit-il, est un cadeau, non pas une récompense, non pas un résultat, non pas quelque chose que l’on mérite à force de travail. Un cadeau, et comme tout cadeau, il faut des mains ouvertes pour le recevoir !
Dès que nous le traquons, que nous l’exigeons, que nous serrons les poings pour le retenir ou pour l’obtenir, nous détruisons précisément l’état d’ouverture qui le rend possible. Un cadeau attendu comme un dû n’est plus un cadeau, mais une exigence, et le bonheur vécu comme une exigence est précisément la recette la plus sûre de l’insatisfaction chronique.
En revanche, ce que la pratique intérieure nous apprend, c’est cette capacité à être vraiment là, présents à ce qui est, les mains ouvertes, sans attente, avec confiance en la vie, et sans être entièrement absorbés par ce qui manque. Et dans cet espace, quelque chose arrive parfois, doucement, sans qu’on l’ait forcé…
Je crois profondément à cela. Non pas comme une idée, mais comme une expérience que l’on peut faire, que l’on peut cultiver, pas à pas, dans la pratique quotidienne.
C’est cela, recevoir le bonheur.
Conclusion
Ce que dit Ilios Kotsou n’est pas une philosophie abstraite. C’est une invitation très concrète à changer notre relation à la vie, et à nous-mêmes.
Le bonheur n’est pas quelque part, ni un idéal à atteindre ni une récompense à mériter. C’est une manière de marcher dans l’existence, les yeux ouverts sur ce qui est là, les mains ouvertes sur ce qui peut arriver.
Nous ne pouvons pas le saisir. Mais nous pouvons, pas à pas, apprendre à ne plus le fuir.
Et vous ?
- Y a-t-il dans votre vie un domaine où vous avez mis le bonheur « en attente », convaincu qu’il arriverait après ?
- Lorsque vous regardez votre quotidien honnêtement, qu’est-ce qui va bien, là, maintenant, et que vous ne voyez peut-être plus ?
- Y a-t-il une douleur que vous portez seul depuis trop longtemps, sans vous autoriser à la regarder vraiment ?
- Dans votre pratique intérieure, cherchez-vous à « calmer » quelque chose, ou commencez-vous à apaiser votre relation avec ce qui est là ?
- Qu’est-ce que cela changerait pour vous de vivre le bonheur non plus comme une destination, mais comme une manière d’être en chemin ?
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